Les blessures en médecine légale: diagnostic médico-légal des blessures

17 Mai
  • Généralités
  • Les contusions
  • Les plaies
  • Les blessures selon l’agent vulnérant
  • Le certificat de constatation de coups et blessures

ETUDE MEDICO-LEGALE DES BLESSURES

I- INTRODUCTION/GENERALITES :

 En Médecine Légale, la Blessure représente une trace organique, objective, actuelle, d’un fait judiciaire passé qu’il s’agit d’établir et de reconstituer.

Sur cette trace prendront appui une Inculpation et Condamnation.

C’est pourquoi l’étude Médico-légale des Blessures pose de grave problèmes :

  • Surtout d’ordre étiologique (ante ou post-mortem);
  • Sur la recherche de leur cause (action contondante, piquante,   tranchante, arme à feu, par griffure, par morsure, par écrasement, …) ;
  • De leur conséquences (contusion, plaie simple, plaie contuse, fracture, …) ;
  • Des circonstances qui les ont déterminées (Accidentelle, criminel, suicidaire).

La Blessure est toute lésion faite au corps humain par une cause violente, cliniquement : comment se présentent les blessures ?

On distingue :

  • Les Contusions ;
  • Les Plaies ;
  • Les Plaies contuses ;
  • Les Fractures.

 II-LES CONTUSIONS :

 Se sont les lésions traumatiques les plus fréquentes, qui sont le résultat de l’impact d’un corps mousse, dit  « contondant » sur le corps humain.

Elles se présentent sous divers aspects, on les étudiera par degrés croissants avec la profondeur et l’importance de la suffusion sanguine d’où :

  • Contusions du 1er degré : Ecchymoses ;
  • Contusions du 2ème degré : Hématomes ;
  • Contusions du 3ème degré : Ecrasements ;
  • Contusions du 4ème degré : Broiements.

A- CONTUSIONS DU 1er DEGRE ET DU 2ème DEGRE :

 A-CONTUSIONS DU 1ème et 2èmeDEGRE :

 1°/ LES ECCHYMOSES :

Méritant en Expertise une attention particulière car :

  • Elles indiquent le point où s’est produit la prise de corps, une chute, un choc, ou une violence quelconque ;
  • Elles évoquent la date de la violence par leur couleur ;
  • Elles révèlent parfois la forme de l’instrument responsable ;
  • Elles témoignent que le sujet était vivant au moment de leur  production.

Tout  cela justifie l’intérêt primordial que l’on y peut porter en médecine légale.

a-DU POINT DE VUE MACROSCOPIQUE :

– Les Ecchymoses se présentent comme des taches d’un rouge livide au départ, plus au moins importantes en étendue comme en profondeur, constituées par du sang extravasé et coagulé qui infiltre les tissus et y adhère ; elles ne s’effacent pas à la pression ;

– Elles se retrouvent à tous les niveaux, dans toutes les régions (dans les tissus celluleux sous cutané, sous la peau, sous les muqueuses, sous le cuir chevelu, sous les séreuses, dans les os même) ;

– Leur étendue dépend de la violence du traumatisme, de la vascularisation   de   la région, de la laxité du tissu, du plan sous jacent (dur ou mou).

 b- DU POINT DE VUE PHYSIOLOGIQUE :

Une Ecchymose correspond à la rupture de petits vaisseaux jusqu’à une profondeur et   une étendue variable avec la violence et la surface de l’agent traumatisant ;

Le sang épanché puis coagulé se dégrade in-vivo, selon un processus régulier :

  • Vers le 2ème jour les G.R se gonflent et se décolorent ;
  • Vers le 3ème jour apparaissent des cellules phagocytaires qui englobent une partie des G.R et G.B. ;
  • Vers le 5ème ou 6ème jour, H.b disparaît, se transformant en un pigment dont la dégradation se fera pour son propre compte ( donnant les aspects colorés successifs déjà cités) ;
  • Vers le 10ème jour on ne retrouve plus les G.R. ;
  • Vers le 23ème jour les amas pigmentaires se désagrègent en fines granulations ;
  • Vers le 2ème mois, on retrouve ces pigments cristallisés dans le réticulum conjonctif, jamais en intra cellulaire.

c- DU POINT DE VUE ETIOLOGIQUE :

–    les Ecchymoses Spontanées au cours : asphyxies, infections, affections hépatiques-rénales et sanguines, affections carentielles, affections neurologiques, de traitements et de simulations) ;

–    Les Ecchymoses Traumatiques : ecchymoses dites de forme.

 En conclusion: l’Ecchymose est une lésion vitale, vu qu’il n’y a pas formation d’Ecchymoses après la mort car le sang ne coagule plus.

2°/ LES HEMATOMES :

Sont un degré de plus que les Ecchymoses, l’épanchement sanguin est assez abondant pour dilacérer et écarter les tissus : une tuméfaction se constitue avec le sang épanché, d’abord liquide puis coagulé.

B-CONTUSIONS DU 3ème ET 4 ème DEGRE :

 – les Contusions du 3ème degré et  sont caractérisées par l’écrasement des tissus anatomiques ;

– les Contusions du 4ème degré et sont caractérisées par le broiement des muscles, vaisseaux et des nerfs.

 a- DU POINT DE VUE LOCAL :

– Le membre blessé est livide, inerte, enflé, froid, à la fois douloureux  et insensible ;

– La peau pourtant est intacte au départ, se couvre d’Ecchymose et de Phlyctène.

b- DU POINT DE VUE GENERAL :

– Nausées, vomissements, douleurs lombaires ;

– Syndrome I.R.A dû à une Néphrite Aiguë Myohémoglobinurique qui évolue en trois phases :

  • Après une latence de plusieurs semaines apparaît une myohémoglobinurie avec hémoconcentration (elles croissent avec le gonflement du membre) ;
  • Puis constitution  progressive d’une néphrose (urémie, cylindruria, oligurie, anurie).

Le tout évoluant en 6 à 8 jours soit vers la guérison soit vers la mort trop souvent.

 III – LES PLAIES :

– Au contraire des contusions, qui ne s’accompagnent ni de destruction, ni d’effraction des téguments, elles présentent solution de continuité des téguments, avec participation ou non des tissus sou jacents.

– On distingue :

 1°/ L’EXCORIATION : On l’appelle indifféremment : érosion, éraillure, éraflure, égratignure, écorchure.

C’est la plaie la plus minime, elle résulte de l’abrasion de l’épiderme.

Sur le vivant, l’excoriation se couvre d’un exsudat lymphatique qui devient une croutelle et  la cicatrisation se fait en une semaine ;

Sur le cadavre, le derme ainsi dénudé se dessèche, brunit : « c’est la plaque parcheminé » ;

Leur forme, leur répartition et leur direction renseignent souvent sur leur mode de production ;

Leur siège peut être d’un grand intérêt en Expertise :

  • Au cou → Strangulation ;
  • Au pourtour de la bouche et du nez → Suffocation ;
  • A l’anus → Attentat Pédérastique ;
  • Au visage ou aux mains → lutte ;
  • Aux cuisses → Agression Sexuelle.

 2°/ LA PLAIE SIMPLE :

Il y a simplement effraction sans destruction des téguments ;

Les bords de la plaie sont nets, réguliers, linéaires, sans aucune perte de Substance.

3°/ LA PLAIE CONTUSE :

Elle réunit à la fois les caractères d’une excoriation, d’une plaie simple et d’une ecchymose; les bords de la plaie sont déchiquetés, irréguliers, décollés, la perte de substance étant plus au moins considérable.

Quel que soit le type de plaies est d’affirmer qu’elle est d’origine ante-mortem (vitale) et qui est objectivée  par trois critères :

  • Hémorragie avec infiltration des tissus ;
  • Coagulation du sang in situ ;
  • Ecartement des lèvres de la plaie.

 IV- LES BLESSURES SELON L’AGENT VULNERANT :

  • Contusions : armes  « de choc » (matraque) ;
  • Plaies simple : armes blanches (poignard) ;
  • Plaies contuses : armes à feu  (pistolet).

A- LES BLESSURES PAR ARMES OU INSTRUMENTS CONTONDANTS :

–        Un instrument est dit contondant lorsqu’il présente une surface mousse ;

–        Les résultats selon la violence du choc, on aura soit une contusion, soit une plaie contuse ;

–        Les Instruments :

  • Naturels : les pieds, poings, talons, la tête, ongles, les dents ;
  • Improvisés : bâton, pierre, marteau… ;
  • Préparés : casse-tête…

–         D’après la forme de la lésion, on peut  évoquer la forme de l’Instrument en question.

B-LES BLESSURES PAR ARMES BLANCHES :

–            Ces instruments causent des plaies simples ;

–            Ces armes se répartissent en 03 catégories :

  • Armes piquantes ;
  • Armes tranchantes ;
  • Armes piquantes et tranchantes.

–        Les plaies sont assez caractéristiques pour permettre souvent l’identification de l’arme en question.

 1°/ LES INSTRUMENTS PIQUANTS :

–          Ils sont caractérisés d’ordinaire par leur percussion punctiforme ;

–          Deux aspects selon le type d’instrument :

a)- INSTRUMENTS SANS ARETES :

–          Cylindrique ou conique (aiguille, poinçons, dents de fourche, tire-point…), la plaie prend l’aspect d’une fente et non d’un orifice arrondi.

 b)- INSTRUMENTS AVEC ARETES :

–          Triangulaires ou carrés ou hexagonaux…( flèche,….), la plaie prend un aspect étoilé, dont les branches correspondent au nombres d’arêtes, mais non à la taille et à la forme exactes de l’instrument du fait des rétractions cutanées.

2°/ LES INSTRUMENTS TRANCHANTS :

–          Ces instruments sectionnent les tissus soit par leur fil, soit par leur poids, suivant la manière dont ils sont maniés et appliquées, ils reproduisent une section rectiligne des parties molles ;

–          Les plaies sont simples, longues, généralement rectilignes, peu profondes, à bords nets et réguliers ;

–          Les extrémités de la plaie sont en pente douce et se prolongent souvent par une érosion linéaire de l’épiderme seul, appelée « queue de rat » qui indique la terminaison de la lésion.

3°/ LES INSTRUMENTS PIQUANTS ET TRANCHANTS :

–          Sont des instruments à arêtes tranchants, terminés en pointe.

–          Ils sectionnent les tissus à mesure que la lame s’enfonce, i s’agit bien là d’une section et non d’un clivage des éléments anatomique.

–          Tantôt une seule arête est tranchante (baïonnette, couteau ordinaire) ;

–          Tantôt les deux arêtes sont tranchantes  (poignards ou stylets) ;

–          Les plaies sont généralement plus profondes que larges ayant les caractéristiques suivantes :

  • La forme : la plaie est généralement en boutonnière ;
  • Les bords : de la plaie est nette, réguliers, à angles aigus ou arrondis ;
  • La largeur :

– Peut être plus petite que celle de la larme du fait de l’élasticité de la peau ;

– Peut être plus grande que celle de la lame  si celle-ci a été enfoncée ou retirée obliquement.

  • Le trajet :

Chez le vivant, on le suit à l’aide d’un guide lors de l’exploration.

–          Sur le cadavre, on le suit plan par plan en se guidant sur le siège des infiltrations sanguines.

–          La profondeur : elle peut être supérieure à la longueur de la lame en   raison de la dépression des parties molles au moment ou le coup a été porté.

B- LES BLESSURES PAR ARME A FEU :

–          Causes des plaies contuses ;

–          Les caractères anatomo-pathologiques d’une blessure par balle :

  1. Trois éléments composent la plaie par arme à feu :
  • Orifice d’entrée ;
  • Le trajet ;
  • Orifice de sortie.

 1°/ L’ORIFICE D’ENTREE :

a)- LES CARACTERES CONSTANTS :

Ne sont pas influencés par la distance de tir.

ORIFICE DE PENETRATION (PERFORATION):

  • Qui peut être de forme :
  1. Circulaire (tir perpendiculaire) ;
  2. Ovale ou en boutonnière (tir tangentiel ou oblique).
  • Le diamètre variable suivant le type de projectile.

LA COLLERETTE EROSIVE : abrasion épidermique.

–          Sur le pourtour de l’orifice de pénétration ;

  1. Qui peut être de forme :
  • Circulaire (tir perpendiculaire);
  • En croissant ou allongé (tir oblique).

LA COLLERETTE D’ESSUYAGE : liseré noir

Les particules de poudre  qui se dépose sur le bord de l’orifice d’entrée donc sur la collerette érosive (sauf si superposition des vêtements…)

 b)- LES CARACTERES SECONDAIRES :

                 A bout touchant et à bout portant :

La force d’expansion des gaz provoque une plaie contuse à l’orifice irrégulier, déchiqueté, étoilé surtout une cavité anfractueuse.

                A courte distance :

Il se forme autour de l’orifice une tache noire (dépôt pulvérulent de produit de combustion) et un tatouage ( produit de combustion de grains de poudre non brûlés ou partiellement brûlés).

 2°/ LE TRAJET :

–          Il est suivi :

  • chez le blessé, lors de l’intervention chirurgicale par l’exploration ;
  • chez le cadavre, plan par plan lors de l’autopsie.

–       Il s’accompagne d’une ecchymose d’accompagnement et d’autant d’orifices d’entrée et de sortie que d’organes traversés ;

–       Il n’est pas toujours rectiligne et dépend des obstacles que le projectile rencontre ainsi que de la mobilité des organes ;
Ainsi est-il rectiligne dans un organe plein (foie, rate, rein), et sinueux dans un organe mobile (poumon, cœur).

3°/ L’ORIFICE DE SORTIE : 

–         Elle est inconstante ; ne comporte :

  • ni collerette d’essuyage ;
  • ni tatouage ;
  • ni estompage.

–          Elle est plus volontiers contuse, mais peut être à bords relativement nets ;

–          Elle correspond, en règle, à une plaie plus grande que celle de l’orifice d’entrée ;

–          Elle peut être aberrante en cas de rebondissement (dans la boîte crânienne) ou de migration  dans un gros vaisseau  du projectile.

 LES PLAIES PAR ARMES A FEU

I – GENERALITE /  INTRODUCTION :

L’Expertise médico-légale des Plaies par armes à feu est un ensemble de démarches dont l’aboutissement logique est la recherche de la réalité des faits :

–          Réalité de l’acte dans le déterminisme de l’accident, du suicide ou de l’homicide ;

–          Réalité de la mort dans la recherche de ses causes exactes ;

–          Rappel sur ce que sont les armes à feu :

  • On distingue plusieurs catégories d’armes suivant leurs caractéristiques propres et leurs utilisations :
  1. LES ARMES LONGUES (Fusils et Carabines ) : possèdent une crosse leur permettant d’être épaulées ;
  2. LES ARMES COURTES (Pistolets mitrailleurs) : ont une crosse généralement amovible ou repliable ;
  3. LES ARMES DE POING (Revolvers et Pistolets ) : destines à être utilisées d’une seule main ;
  • On classe, en outre ces armes suivant leur type de canon :
  1. LES CANONS A AME RAYEE : prévus pour le tir à balles ;
  2. (Pistolets mitrailleurs, Revolvers et Pistolets et certaines armes longues) ;
  3. LES CANONS A AME LISSE : prévus pour le tir à cartouches chargées de plombs (Fusils et Carabines de chasse).

 LES MUNITIONS :

Une cartouche moderne est constituée de différents éléments :

 1.           LES PROJECTILES : (Balle ou la Grenaille )

  • Les balles Blindées : C’est un noyau enveloppé d’une chemise de métal ;
  • Les Balles Semi-blindées : Balles dites expansives car elles se désintègrent lors de l’impact ;
  • Les Projectiles pour armes lisses: Dont les plus connues sont les Balles Brennecke ou les Balles de type Blondeau ;
  • On y ajoute les Balles en Caoutchouc (Fusils anti-émeute) ;
  • Les Plombs de chasses: Allant du N° 12 pour les plus petits au N° 000 pour les plus gros (Les Chevrotines).
  1.             LES POUDRES : Elles sont de deux types :
  • La Poudre Noirs (La plus ancienne) : qui contient du Salpêtre, du Soufre et du Charbon et dont la combustion dégage beaucoup de fumée ;
  • Les Poudres Pyroxylée (Les Poudres sans fumée) : Elles se consument avec une inflammation progressive, ce qui leur donne de très fortes vitesses initiales ;
  1.              LES AMORCES : Qui déclenche la mise à feu  de la poudre.

Elles sont en Fulminate et Chlorate ou au Triresorcinate de plomb.

4.            LA BOURRE : Que l’on ne retrouve que dans les cartouches de chasse et qui peuvent être en liège ou en plastique.

5.            LES DOUILLES :

Elles sont en Cuivre, en Laiton, en Métal Nickel ou Acier.

Le culot comporte un bourrelet ( Revolvers) ou une gorge ( Pistolets )

Pour les âmes lisses : les douilles de cartouches de chasse comportent un culot métallique de hauteur variable et un corps en carton ou en plastique.

 II – EXAMEN DES LIEUX ET DU CORPS DU DELIT :

A. PROJECTILES :

1.      Lors d’un attentat commis par coup feu, de multiples raisons commandent de rechercher les Projectiles :

  • Soit dans le cadavre (Office du Médecin Légiste) ;
  • Soit ayant percé la victime ou manqué le but (Office de la Police Scientifique).

2.      Il faudra noter le point où sera trouvé le projectile et la hauteur de ce point ;

3.      La bourre que la déflagration de la poudre projette à une distance variable, sera recherchée sur le sol,

quelquefois, la cartouche brûlée ou la douille peut-être jetée derrière l’auteur par un geste machinal

 

B. ARMES :

Sur les lieux de l’action : on peut  découvrir une arme ayant servi au crime ou disposée à dessein de faire croire à un suicide ou enfin, effectivement utilisée par la victime.

Il faut se saisir de l’arme après avoir noté son emplacement,  sa disposition  et mise sous sellée au fin d’expertise.

 

III -EXPERTISE DES PLAIES PAR ARMES A FEU :

  • La manière d’examiner un corps : Les constations et les  prélèvements qui doivent être faits.
  • Il est souhaitable que dès la découverte d’un cadavre décédé par arme à feu, un Médecin Légiste soit sur place dont il a de multiples constatations à faire :
  1. Position du cadavre ;
  2. Position de l’arme éventuelle ;
  3. Examen succinct des orifices avec un minimum  de manipulation ;
  4. Cadavre enlevé dans un sac plastique pour éviter qu’une  balle glissée dans les vêtements puisse s’échapper  au moment du transport. Et il est indispensable de placer les mains du sujet à l’intérieur de sacs en papier.
  • Au niveau du Service de Médecine Légale et  lors de l’acte nécropsique :
  1. Une Radiographie du corps avant l’acte paraît souhaitable (Difficile à obtenir)
  2. Le déshabillage du corps doit être minutieux ;
  3. Ne pas laver le corps avant l’autopsie ;
  4. Examen minutieux du corps notamment déterminer l’orifice d’entrée et de sortie ;
  5. Compter les orifices, les décrire et les positionner  sur le corps.
  6. En essayant de les numéroter avant de prendre les indispensables photographies ;
  • La situation des orifices doit être faite par une mensuration par rapport à des repères anatomique du corps  (Plante de pieds : sujet ayant pu être tiré debout ou Partie inférieure du pubis : sujet ayant pu être tiré assis ) :
  • Les prélèvements des orifices pour différencier un orifice d’entrée d’un orifice de sortie.
  • Prélèvements de balles ou de plomb doit être fait avec le plus grand soin, (Proscrire les instruments métalliques).

POUR CES DIFFERENTS EXAMENS, QUELLE EST L’AIDE  QUE L’ON PEUT APPORTER AUX MEDECINS LEGISTES :

  1.       L’examen des vêtements :
  • Examen avec loupe binoculaire : pour vérifier l’orifice, les fibres du tissu et leur inclinaison et recherche la présence ou l’absence de grain de poudre ;
  • Examen par caméra télévisée en lumière I.R + U.V ou Filtres colorés : pour la précision de la distribution des grains de poudre et l’aspect de l’orifice.  De même, utilisée lors de tir comparatif.

2.      L’examen des orifices :

  • A la loupe binoculaire : pour permettre de montrer s’il s’agit d’un tir à bout touchant, bout portant ou à distance ;
  • Prélèvements peuvent être effectués :
  1. Pour déterminer les résidus de tir ( sur les orifices et mains d’un individu )
  • Cette recherche est actuellement faite par différentes techniques :
  1. Absorption atomique ;
  2. Microscope électronique à balayage ;
  3. Activation neutronique.

IV- L’approche Médico-légale correcte des décès par un Traumatisme Balistique :

A. SUR LES LIEUX

L’approche correcte de décès à la suite de Blessures par coup de feu commence sur les lieux de découverte.

C’est là qu’un ensemble de constatations valables sur le corps peuvent être perdues ou déformées et que des éléments fictifs peuvent être introduits par inadvertance lors de manipulation malencontreuse du corps.

Les règles les plus importantes sur les lieux de découverte du cadavre sont :

  • De ne toucher au corps qu’avec les mains gantées et le moins possible afin d’éviter de faire disparaître des indices directeurs qui pourraient se trouver sur les vêtements ou sur la surface du corps du défunt.
  • On ne doit pas ouvrir les mains de la victime ou de procéder à une prise d’empreinte digitale en raison :
  1. L’encre noire utilisée pour la prise d’empreinte peut soit imiter, soit camoufler et soit introduire des matériaux contaminant qui pourraient conférer aux examens ultérieurs des mains à la recherche de résidus de tir ;
  2. La manipulation des mains ou du corps par un O.P.J n’ayant pas pris les précautions nécessaires de ganter ses mains peut transférer des résidus et cela en partie de son travail ( Manipulation d’arme de tir avec peut conférer aux examens ultérieurs des mains de la victime ).
  • Prise de Photographie sur les lieux :
  1. Vue instantanée de repérage ;
  2. Vue en gros plan.

 B. TRANSPORT DE LA DEPOUILLE A LA MORQUE OU AU SERVICE DE MEDECINE LEGALE

1.      Des sacs en papier devront être placés autour de ses mains pour éviter la perte d’indices, des sacs en papier sont préférables aux sacs en plastique car, si les sacs en plastique sont placés autour des mains ou en contact du corps réfrigéré, il se produit une humidité par condensation dans les sacs qui est capable de diluer les résidus de tir de l’ordre du nanogramme, (Concentration significative : ANTIMOINE > 35 Ng ; Baryum  > 150 Ng ; Plomb > 800 Ng ) ;

2.      Le corps sera enveloppé dans un drap ou placé dans un linceul propre, ceci dans un but de prévenir la perte d’indices apparents qui existent sur le corps et d’éviter d’apport de traces contaminantes provenant du véhicule utilisé pour le transport du corps jusqu’à la Morgue ou le Service de Médecine Légale.

 C. LE BLESSE PAR BALLE

1. Si la victime n’est pas morte tout de suite après avoir été touché et qu’elle a été transportée vers l’Hôpital :

  • A l’Hôpital un certain nombre de démarches Médico-chirurgicales peuvent avoir été tenté ;
  • Pour cette raison, les comptes rendus médicaux détaillés concernant la victime  depuis son admission jusqu’à sa mort devront être consignés et établis ;
  • Les sites d’injections devront être entourés d’un trait à l’encre par l’équipe médicale hospitalière pour indiquer qu’il d’agit d’une lésion d’origine thérapeutique et qu’ils ne sont pas antérieurs à l’hospitalisation ;
  • Les thoracotomies, les laparotomies et les incisions chirurgicales devront être repérés ou décrites dans le rapport médical ;
  • La balle récupérée lors  de l’acte opératoire doit être prise sans l’aide d’instruments de chirurgie afin d’éviter d’ajouter des artéfacts conférant aux comparaisons balistique.

2. Si la mort se produit en l’espace de quelques heures après l’admission à l’Hôpital :

  • Des sacs en papier devront être placés sur les mains de la mêle façon que quand la mort survient sur les lieux du crime ;
  • Le corps et la totalité des habits portés par la victime devront être transférés vers les locaux de la Médecine Légale ;
  • Tous les rapports médicaux détaillés des examens et des actes pratiqués  devront accompagner le corps ;
  • Tout le sang prélevé lors de l’admission à l’hôpital devra être récupéré pour éventuelles recherches toxicologiques et groupage sanguin.

 D. APRES RECEPTION D’UN CORPS A LA MORGUE OU AU SEVICE DE MEDECINE LEGALE

  • Le Médecin Légiste devrait procéder successivement aux étapes suivantes :
  • Radiographie dans tous les cas de blessures par arme à feu avant le déshabillage que le projectile soit supposé demeure encore dans le corps ou être ressorti.
  • Prélever les résidus de tir sur les mains ceci à l’aide d’écouvillons imprégné d’acide nitrique à 5% ou grâce à un ruban adhésif.
  • Les empreintes digitales peuvent être prise ; de même que les prélèvements d’empreintes de paume de mains qui peuvent se révéler utiles.
  • Le corps est examiné toujours revêtu de son habillement afin de vérifier si les pertes de substances des habits correspondent par leurs localisations à des blessures du corps, ainsi que la recherche de résidu de poudre et de suie.
  • Le corps est examiné sans ses habits et sans être nettoyé à la recherche  minutieuse de grains de poudre ou de suie.
  • Durant, ces temps des photographies de blessures non nettoyées sont prises ( au moins deux vues de chaque blessure) ;
  • Chaque blessure est examinée minutieusement à la recherche de signes caractéristiques d’orifice d’entrée et de sortie ;
  • Autopsie proprement dite à la recherche de lésions internes (Etude du trajet) ;
  • Prélèvement sanguin pour la recherche de groupage sanguin et éventuel recherche toxicologique qui peuvent être nécessaire dans les cas de blessures par coup de feu ;
  • En remarque durant l’acte nécropsique :
  1. Il faut récupérer la balle qui n’est pas ressortie du corps (Pour une étude balistique comparative) ;
  2. Il faut récupérer la bourre dans les cas de blessures par cartouche de fusil de chasse et un échantillon représentatif de plomb ;
  3. Il faut éviter de sonder une blessure par arme à feu afin d’éviter de créer de faux trajet de blessure, de déformer la blessure ou voir déplacer le projectile.
  • Au terme de l’acte nécropsique, un rapport détaillé sera transmis à l’autorité requérante.

 Pr. L. BELHADJ  Et  Coll.  2010

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